====== Ville et banlieue : des origines aux mots ====== __Source__: Hervé Vieillard-Baron,//Les Banlieues, des singularités françaises aux réalités mondiales//, Paris, Hachette Supérieur, 2001 ==== Aux sources de la banlieue française ==== Evolution de la signification du mot « banlieue », incertaine jusqu’au XIX e s. Quelques erreurs à éviter : au haut MA, affaiblissement de la ville, car bcp de villes non entourées de remparts, contrairement aux idées reçues. (aucune utilité auparavant car paix). Constructions de remparts plus tardives. Et l’enceinte n’est pas une limite relig, admin ou éco, elle est un privilège accordé. Véritable frontière entre les terrains incultes et travaillés, ou selon la dépendance des maîtres. Existence d’un territoire intermédiaire, l’espace des nécropoles et tombeaux. Ex : à Reims, les nécropoles montrent la limite du bâti. Qd bannissement, pas dans la ceinture périphérique mais au-delà des limites sous dépdce de la ville. Rattachement de la banlieue à la ville comme couronne défensive mais aussi source d’approvisionnement, dispersion ou ateliers d’artisans créant des nuisances (teinturerie…). Notion de marche (zone frontalière) + pertinente que celle de limite claire. Jusqu’au X e s, accroissement par ajouts de noyaux et non par auréoles concentriques. Perception de la centralité liée au renforcement du pouvoir central, centre = lieu de commandement. Au XIIe s, croissance des villes, se définissant + par leurs institutions que par leurs limites. Interpénétration rural/urbain. **Banlieue** : voca jurid, où s’exerce la domination de la ville (obligation d’utiliser le moulin du ban, 1 lieue autour de la ville, lieue dont la mesure varie selon les époques/lieux), trace le seuil de la campagne profonde. Mot banlieue peu usité aux XVII / XVIII e s sf chez juristes et historiens. Au XIX e s avec la croissance urbaine et industrielle, la banlieue devient un exutoire pour les activités encombrantes et polluantes, perd son acception juridique et administrative pour prendre le sens de périphérie urbaine dépendante. Pas de continuité entre banlieue médiévale et banlieue contemporaine (née de la croissance démogr, exode rural et révol° ind et des transports). ==== Les définitions récentes dépendent de catégories et de données statistiques ==== Historique de la construction des notions administratives. 1ers recensements fiables sur la « commune » en 1801. 1846 : 25% d’urbains. (définition urbain: + de 2 000 habts agglomérés au chef lieu). Pb auj : 2000 habts = gros bourg et non petite ville. 50 % de pop° urbaine depuis 1930, 1975 : 73%, tend à se stabiliser auj. **1954** : **unité urbaine** : ville isolée ou agglomération multicommunale. **1962 : ZPIU** (pas + de 200m entre 2 maisons, sf si séparées par terrains à but public), prenant en compte urbanisation diffuse et attrait de la campagne. = représentation du territoire en 4 zones concentriques : villes-centres, banlieues, rural périurbain, rural profond (ni commune dortoir, ni commune rurale industrielle), repérées par attraction de la ville-centre et non par la continuité des surfaces bâties. Rassemblent 9 000 communes en 1962, 16 000 en 1982, 28 000 en 1990. Pb : trop englobant. (Cf cours J. Heurley) **__Exemple : Toulouse :__** 1962 : unité urbaine de Toulouse ne comprend que 2 communes (dt ville-centre Toulouse). 1968 : 28 communes ; 1975 : 35 ; 1982 : 46 ; 1990 : 57 ; 1999 : 71. Attention : la croissance de Toulouse (1982 : 541 000 habitants ; 1990 : 650 000) est surtout due à l’incorporation de 11 communes nouvelles dans l’agglomération. ==== L’évolution démographique des banlieues depuis 1968 ==== 1968 : 34, 8 M urbains ; 1999 : 43,1 M (aux délimitations de 1990). Baisse du nombre de communes rurales, dont les 2/3 ont moins de 500 habitants. Etalement urbain. Donc population des banlieues (agglomération – ville centre) a augmenté de 6,5% entre 1975 et 1982, de 7% entre 1982 et 1990 , de 4,1% de 1990 à 1999. 1975 : 15,5 M habts en banlieue, 1999 : 20,3 M. (à territoire constant, seult + 800 000 habitants entre 1990 et 1999). 1982-90 : solde migratoire banlieues positif/ négatif dans villes centres. 1990-1999 : inversion : négatif dans banlieues, positif dans villes-centres. 1995 : **ZAU, zonage en aire urbaine**, prend en compte le périurbain, définit espace à dominante urbaine, constitué des pôles urbains (unité urbaine ayant au moins 5 000 emplois sur son territoire), des couronnes périurbaines (entoure le pôle, chaque commune envoie au moins 40 % de ses actifs travailler dans le pôle) et des communes multipolarisées. Contenu centré sur emploi et non sur morphologie ou démographie. 7 900 communes dans les couronnes périurbaines françaises. 361 aires urbaines en France (pôle urbain+ couronne périurbaine) aire urbaine Paris : 1990 : 10,3 M habts ; 1999 : 10,6 M. Lyon : 1,6M, Marseille-Aix : 1,4 M. 2e couronne périurbaine : entre 25 à 40% actifs travaillent dans le pôle. Rythme de croissance élevé autour des gdes villes françaises. Auj, continuum ville-campagne : **suburbanisation** (extension du bâti de la ville vers la campagne), périurbanisation(ruraux travaillant en ville) et rurbanisation (diffusion de la population urbaine dans le rural). Diversité du périurbain.