Source: Pascal Arnaud « Les Sources de l'Histoire Ancienne » 930 ARN
Le plus célèbre des poètes comiques athéniens, l'un de ceux qui nous offrent le témoignage le plus vivant de ce qu'était la démocratie à l'époque athénienne durant le dernier tiers du 5e siècle. Il naquit vers 445, alors qu'Athènes était à l'apogée de sa puissance sous la direction éclairée de Périclès. Il fit représenter sa première pièce en 427. C'est en 425 qu'il remporta le premier prix avec « Les Acharniens ». Il allait ensuite presque chaque année faire représenter des pièces dans lesquelles il prenait parti sur les affaires politiques du moment, n'hésitant pas à brocarder les politiciens en vue. Dans « Les Acharniens », il s'était fait le défenseur des paysans athéniens. C'est une comédie grecque antique, produite par Callistratos en 425 av. J.-C. aux Lénéennes d'Athènes, où elle obtient le premier prix. Dans « Les Cavaliers », il prenait à partie Cleon, homme politique le plus influent. Dans « Lysistrata », il imaginait que pour faire cesser la guerre, les femmes grecques faisaient la grève de l'amour. C'est une comédie grecque antique écrite en 411 av. J.-C Dans « L'Assemblée des femmes », il dénonçait les débats de l'assemblée du démos. Attaché à la tradition, il dénonçait les sophistes avec lesquels il confondait Socrate. C'est une comédie grecque antique écrite vers 392 av. J.-C
Il naquit en 382 en Chalcidique. Son père était médecin et avait vécu à la cour du roi de Macédoine. Comme beaucoup de jeunes gens attirés par l'enseignement de l'Académie de Platon, il vint à Athènes et y demeura jusqu'à la mort de son maître. Il alla ensuite à la cour du tyran Hermias, puis à Mytilène, et enfin à Pella où il devint le précepteur du jeune Alexandre. Après la mort de Phlippe II, il revint à Athènes. Mais n'appréciant pas le nouveau dirigeant de l'Académie Xénocrate, il décida de créer sa propre école: Le Lycée. Il y demeurera jusqu'à ce que l'annonce de la mort d'Alexandre provoque à Athènes non seulement le sursaut patriotique qui devait déclencher la guerre lamiaque, mais aussi une certaine méfiance à l'encontre de ceux qui étaient soupçonnés de sympathies pour la Macédoine. Il se retira à Chalcis où il mourut en 322. De son oeuvre immense, on retient surtout la « Politique », réflexion sur la cité (traité philosophique). Sans être aussi critique que Platon à l'égard de la démocratie, il n'en dénonce pas moins les excès et les faiblesses. Ses préférences vont vers une forme de démocratie modérée reposant sur la classe paysanne et sur ceux qui sont à même de s'équiper en hoplites. Il reproche à la démocratie contemporaine de faire de l'artisan un citoyen. Il dénonce également le commerce maritime et l'amour immodéré des richesses. L'école d'Aristote a écrit 158 constitutions, toutes perdues, sauf « Constitution des Athéniens » C'est dans le cadre de ses enseignements que ce soit pour Alexandre ou les élèves du Lycée, qu'Aristote fit des recherches approfondies sur les systèmes politiques connus en Grèce et qu'il écrivit la « Politeia des Lacédémoniens », oeuvre perdue mais dont certains de ses fragments ont été repris dans « Politique ».
L'homme politique athénien le plus célèbre du 4e siècle, dont le nom est lié à l'ultime défense de la démocratie athénienne. Il naquit en 384 au sein d'une famille riche, mais n'appartenant pas à l'aristocratie. Son père étant mort quand il avait 7 ans, il devint rapidement logographe. Nous devons l'essentiel de notre connaissance du droit athénien à la collection de ses discours concernant des affaires privées. Mais nous lui devons aussi, grâce à ses plaidoyers politiques et aux grands discours qu'il prononça devant l'assemblée, de connaître année après année, et presque jour après jour, les grands évènements de l'histoire d'Athènes entre 359 et 338. La lutte contre Philippe II allait en effet être la grande affaire de sa vie. Il réclamait une politique extérieure énergique. Il ne cessait donc de demander les moyens de la réaliser. Il dénonçait constamment dans ses discours l'arrogance et le manque de sens civique des riches. Mais il était aussi sévère à l'encontre des pauvres qu'il accusait de se complaire dans leur état. Il fit partie avec Eschine de l'ambassade envoyée auprès de Philippe pour négocier la paix qui fut conclut en 346. mais Philippe n'entendait pas respecter les termes de la paix. Démosthène entreprit alors de constituer autour d'Athènes une coalition assez puissante pour arrêter le Macédonien. Démosthène fut condamné à l'exil en 323. Il rentra quelques mois plus tard pour contribuer au soulèvement d'Athènes. Il fut condamné à mort, s'enfuit, fut rattrapé et préféra se donner la mort. Il n'aura cesser de se proclamer partisan de la démocratie. Nous avons de Démosthène une soixantaine de discours, et un ensemble de six lettres adressées au peuple athénien. Cependant, l'authenticité d'une grande partie d'entre eux est discutée, surtout en ce qui concerne les discours civils écrits en tant que logographe.
L'un des plus grands orateurs athéniens du IV ème siècle et le principal adversaire de Démosthène. On ne sait pas grand chose de ses origines. Il est né vers 390. Doué pour la parole, il devint l'un des principaux orateurs de la cité. Il fit partie de l'ambassade envoyée à Philippe en 346 avec Démosthène. Bien qu'ayant, si on l'en croit, tenu fermement tête aux prétentions du macédonien, il fut accusé par Démosthène d'avoir par ses lenteurs favorisé la main mise de Philippe sur la Thrace et une partie de la Grèce centrale. Le procès eut lieu en 343 et Eschine fut acquitté à une faible majorité. En 340, il représente Athènes auprès du conseil amphictyonique de Delphes et il commit la maladresse d'attaquer les amphisséens, ce qui déclencha une guerre et il fut condamné à une forte amende. Il s'exila à Rhodes où jusqu'à sa mort il enseigna la rhétorique. Nous possédons 3 discours « Contre Timorque », « Discours sur l'ambassade, « Contre Ctésiphon »: remise en cause de l'homme qu'était Démosthène et de sa politique. Eschine apparaît comme un patriote et comme un démocrate convaincu alors que Démosthène en fait un traître. Peutêtre pensait-il mieux servir la cité en s'efforçant de trouver avec Philippe un terrain d'entente qui ménageait les intérêts essentiels de la cité. Il dénonçait aussi certains aspects du fonctionnement de la démocratie de son temps.
Le dernier des 3 grands tragiques grecs. Il naquit vers 480 dans la cité de Phlyce. Il appartenait à une famille aisée. Il suivit l'enseignement des sophistes Socrate. Il était peu marqué par une idéologie civique en perte de vitesse et s'intéressait davantage à l'individu, dont la psychologie constitue la trame de ses tragédies. Cet individualiste se tint sans cesse à l'égard de la vie publique et fut le premier Athénien à se constituer une bibliothèque privée où il passait le plus clair de son temps, préfigurant en quelque sorte l'honnête homme hellénistique et romain. Une telle originalité était peu prisée à Athènes. Les nombreuses attaques dont Euripide fut victime de la part d'Aristophane témoignent de l'animosité qu'il suscitait chez les défenseurs de la morale collective de la cité - ceux-là même qui condamnèrent Socrate. Du même coup, le succès fut rarement son compagnon. Finalement lassé, il quitta Athènes en 408 et se rendit à Pella, à la cour du roi de Macédoine, où il s'éteignit en 406. Ce fut le commencement d'un immense succès. Quoiqu'il ne fût pas inhumé à Athènes, mais à Amphipolis, les Athéniens lui élevèrent en leur ville un cénotaphe, et ses dernières pièces furent représentées après sa mort. On ne possède qu'une partie de son oeuvre. Il est anti-féministe et athée. Nous avons conservé 18 pièces d'Euripide, dont un drame satyrique (Le Cyclope) et une tragédie dont l'authenticité, longtemps contestée, est aujourd'hui normalement admise : Rhésos. Si on le compare au théâtre des deux tragédiens précédents, Eschyle et Sophocle, le théâtre d'Euripide apparaît très déclamatoire et souvent plein de péripéties plus proches du roman que du drame. En général, l'action y est rare ou très complexe. En bon élève des sophistes, il aime glisser dans ses pièces des morceaux dignes de salons : critique d'autres auteurs (notamment d'Eschyle) ou discussions philosophiques. En individualiste, il s'intéresse d'abord à la peinture des caractères et des passions. En matière de religion, le théâtre d'Euripide se caractérise par les nombreuses libertés qu'il prend à l'égard de la mythologie et par une palette d'inspiration qui ne se limite plus aux cycles héroïques de Thèbes et de Troie. Les dieux sont bien sûr présents, et ils condamnent des mortels, mais des mortels que leurs passions et le poids de la Fatalité condamnent plus encore.
Il naquit à Halicarnasse vers 484. Famille peut-être noble. Il voyagea et finit à Athènes alors à son apogée sans la direction de Périclès. C'est de là qu'il partit pour Thourioi, colonie panhellénique. Il y mourut vers 425. Il a été appelé par les anciens le « père de l'histoire ». En fait ses enquêtes relèvent autant de la géographie ou de l'anthropologie que de l'histoire proprement dite. Il entreprend de longs voyages à travers tout le monde connut des grecs de son temps. Il brosse dans ses oeuvres un tableau complet de la Grèce et de l'Orient au VI-Vème siècle jusqu'en 479 av JC. On peut reprocher à Hérodote son manque de précision et une absence de grandes vues politiques d'ensemble. Mais son œuvre fournit une grande masse d'informations. « Enquêtes » est un récit historique destiné avant tout à retracer les Guerres médiques qui opposèrent les Grecs à l'Empire perse au début du Ve s. Il y a de nombreuses digressions qui sont une pratique courante de l'historien, notamment quand il s'agit d'expliquer un phénomène qui lui paraissait étrange, incongru ou merveilleux Au fil de son récit, il s'attache à décrire les coutumes et les pratiques religieuses des peuples qui faisaient partie de l'empire achéménide. Mais il n'hésite pas à interrompre un développement sur le royaume lydien pour raconter les circonstances dans lesquelles s'établit à Athènes la tyrannie de Pisistrate. Il ne résiste pas au plaisir de narrer de belles histoires, même s'il n'y croit pas tout à fait. On lui reproche aussi d'être l'ami des Barbares ( car admiration pour d'autres peuples non-grecs comme les égyptiens). Hérodote tient les grecs pour le peuple civilisé par excellence car ils vivent en cité. Mais cela lui permet aussi de critiquer ces hommes qui se placent au-dessus des lois civiques, les tyrans.
Isée était un logographe de la Grèce Antique qui aurait vécu entre 420 et 340. Il fut l’un des orateurs attiques dont les oeuvres furent reproduites et conservées comme des modèles d’éloquence judiciaire. On ne sait pas grand-chose de lui. Il est probablement né à Chalcis, en Eubée, sans doute vers la fin du Vème siècle. Il vint souvent à Athènes pour y suivre les leçons d’Isocrate. On ne sait pas s’il était Chalcidien ou fils d’un père athénien de Chalcis. La première hypothèse reste cependant la plus vraisemblable, car s’il avait été de naissance athénienne, on s’explique mal qu’il n’ait pas mis son talent d’orateur au service d’une carrière politique. En fait, il dut avoir à Athènes le statut de métèque et composa des discours pour les autres (logographe). Il était spécialisé dans les litiges portant sur des questions de testaments et d'héritages: 11 des 12 discours qui sont conservés traitent de ce type de problèmes. Sa carrière se situe entre 389 et 344 entre la guerre du Péloponnèse et le règne de Philippe. Il fut l'élève d'Isocrate et des sophistes, et le maître de Démosthène.
Né vers 436, Isocrate est issu d'une famille riche ruinée par les guerres du Péloponnèse. Il suivit l’enseignement de Socrate. Il fut l'élève des sophistes. Il fut d’abord logographe (car étant trop timide, il s’est détourné de la vie politique), puis professeur de rhétorique (certains élèves comme Isée). Les discours qu’il a écrits sont une illustration de l’histoire politique d’Athènes au IVe siècle et des débats qui s’y déroulèrent. D’abord partisan d’un retour de l’hégémonie athénienne, après 360, il se fait le propagateur de la paix entre les cités grecques. En 349 il ouvre une école. Il s'est enrichi, et est devenu quelqu'un d'assez prospère, mais ne le montrait pas, donc il n'était pas soumis aux liturgies. Or un citoyen lui a fait une antidosis (car il jugeait qu'Isocrate était plus riche que lui). Il a perdu le procès. Aux Athéniens, il conseillait de revenir à la « démocratie des ancêtres », c'est-à-dire un régime où seuls les riches accédaient aux charges publiques, tandis que la masse du démos conservait le droit de siéger à l’assemblée et dans les tribunaux. Après 346, devant l’échec de toutes les tentatives d’unité grecque, il se tourna vers Philippe de Macédoine. Mais il « mourut d’émotion » à l’annonce de la défaite des grecs à Chéronée. Il meurt en 338-337. Violemment hostile à la radicalisation de la démocratie athénienne, il est l'un des premiers athéniens de premier plan à envisager le ralliement des cités à Philippe de Macédoine pour lutter contre les Perses. Contre le nationalisme étroit de la cité, il songe à une union panhellénique sous l'égide des rois de Macédoine.
Orateur attique, d’origine syracusaine, né entre 450 et 440. C'était un métèque. Sa famille était riche, il fréquentait donc les jeunes gens riches de l’entourage de Socrate. Après la défaite de la guerre du Péloponnèse, les Trente arrêtèrent certains métèques les plus riches, parmi lesquels Lysias et son frère. Polémarque fut mis à mort mais Lysias réussit à s’échapper et rejoignit à Thèbes les chefs exilés auxquels il fournit argent et armes. Même une fois la démocratie restaurée, il ne put obtenir la citoyenneté et demeura donc un métèque. Il fut de ce fait écarté de toutes actions politiques. Il fut donc logographe aussi bien pour des démocrates dont il partageait les opinions que pour certains neutres voire adhérant à l’oligarchie. Il mourut vers 380. Le discours « Contre Ératosthène » (l'un des Trente, responsable de la mort de son frère), est le seul qu'il ait prononcé lui-même. Les autres ont été écrits pour des clients, à charge pour eux ensuite de le prononcer, à l'occasion de procès de plus ou moins grande importance : dans l'un deux, par exemple « Pour l'invalide », un vieillard plaide pour que l'État lui maintienne sa petite pension d'indigent. D'après Denys d'Halicarnasse, Lysias a composé 233 discours dont il ne reste aujourd'hui qu'une trentaine.
Il est né en 428 ou en 427 dans une vieille famille noble athénienne. Il suivit les leçons de Socrate et alors que tout le désignait pour faire une carrière politique, il y renonça quand la démocratie restaurée eut condamné son maître à mort. Il s’exila volontairement à Mégare, en Italie du Sud et en Sicile. Libéré d’une capture de pirates, il retourna à Athènes. Il devient alors professeur jusqu’à sa mort en 347. Platon révèle les problèmes de la cité grecque et de son fonctionnement. Il critique la démocratie dont il récuse la souveraineté du démos. Aucun dirigeant de la cité n’échappe à ses accusations. Les riches ne lui semblaient pas plus compétents que la masse des pauvres qui constituait le démos pour diriger la cité. La cité devait confier l’autorité au philosophe. Il a de la sympathie pour le régime spartiate. Le « Politique » est un dialogue. La « République » est un dialogue portant principalement sur la justice dans l'individu et dans la Cité. Il s'agit de l'ouvrage le plus connu et le plus célèbre de Platon.
Né à Chéronée, en Béotie, d'époque romaine, 45 à 125, il appartenait à l'aristocratie locale, et fut archonte éponyme de sa ville natale, et probablement béotarque. Cette position sociale lui permit de nombreux voyages, notamment à Alexandrie, mais aussi à Rome et en Italie, où il se rendit au moins deux fois sous Vespasien, puis sous Domitien, notamment pour remplir une mission dont l'avaient chargé ses concitoyens. Pur produit des écoles de rhétorique d'Athènes, il fut essentiellement attiré par la philosophie morale, et s'y fit un renom suffisant pour devenir le maître d'aristocrates romains érudits. Ce penchant pour la philosophie morale l'orienta rapidement vers une réflexion plus eschatologique et théologique lorsqu'il devient prêtre à Delphes, dans le grand sanctuaire d'Apollon. Il mourut vers 126. C'est un homme de lettre, un philosophe qui a laissé de nombreux ouvrages. Quoiqu'une partie importante de ses œuvres soit perdue, il nous reste de lui deux groupes d'oeuvres les Vies parallèles, et une série d'opuscules, généralement des dialogues, groupés sous le titre générique d' « Oeuvres morales » (Moralia). Les « Vies parallèles » sont l'ouvrage le plus souvent utilisé par l'historien. Il s'agit d'une galerie de portraits, qui met systématiquement en parallèle, deux à deux, les grands hommes de l'histoire grecque et de l'histoire romaine, la première s'achevant avec Alexandre, et la seconde avec Jules César. En écrivant ces pages, Plutarque avait des intentions plus littéraires et morales qu'historiques. Il ne cherche ni cohérence, ni principe d'explication d'ordre historique : il collectionne des traits de caractère. Ses textes sont souvent des biographies, mais Plutarque est un moraliste, et écrire une biographie à l'époque c'est dégager des modèles de vertus.
Le second des grands tragiques athéniens. Il naquit vers 496 à Athènes. Il remporta sa première victoire en tant que stratège en 468. Il semble avoir pris une part active à la vie de la cité. Sa carrière d'auteur tragique est couronnée de succès puisqu'à 27 ans, il remporte le premier prix face à Eschyle et en tout il remporte 24 victoires, arrivant second toutes les autres fois. Il a également une carrière politique puisqu'en 443 il est hellénotame de la ligue de Délos (administrateur du tribut versé par les alliés d'Athènes) et stratège en 440 auprès de Périclès (il participa à la campagne de Samos). Après l’échec de l’expédition de Sicile, il fut l’un des dix probouloi, chargés de préparer une révision de la constitution. Il doit essentiellement ces charges à ses succès dans la tragédie. Il mourut en 406. La tragédie est chez Sophocle expression d’un conflit, d’une mise en question de la cité par elle-même. Il est l'auteur de cent-vingt-trois pièces dont vingt ou vingt-deux drames satyriques. La plupart ont été perdues. « Antigone » est une tragédie, écrite vers 441 av. J.-C. Elle appartient au cycle des pièces thébaines, avec « OEdipe roi » et « OEdipe à Colone », décrivant le sort tragique d'OEdipe (roi de Thèbes) et de ses descendants. « OEdipe roi » est une tragédie, de date inconnue. Quelques maigres indices suggèrent qu'elle pourrait avoir été écrite dans les années immédiatement postérieures à 430 av. J.-C. « Électre » est une pièce de théâtre écrite entre 430 et 420 avant J.-C.
L’un des plus grands écrivains grecs, un homme politiquee et le premier historien qui tenta de donner des évènements une explication rationnelle. Il naquit à Athènes entre 460 et 455 dans une famille aisée. Il fut l'élève des sophistes. Il fut stratège en 424, mais n’ayant pas réussi à empêcher les Spartes de s’emparer d’Amphipolis, il fut condamné à l’exil, voyagea et se retira en Thrace (il ne regagnera Athènes que 20 ans plus tard, en 404). C’est là qu’il commença son histoire de « La guerre du Péloponnèse ». Il s’efforça de retracer brièvement l’histoire du monde grec depuis les origines et s’attarda plus longuement sur les 50 années qui avaient vu se constituer l’empire d’Athènes, afin de mieux mettre en lumière les causes réelles du conflit qui allait opposer pendant plus d’un quart de siècle Athéniens et Spartiates. Son oeuvre se compose de 8 livres. Thucydide a été le premier historien qui a essayé d'être complètement objectif. Il était un admirateur de Périclès, auquel il prête 3 discours. Il s’attacha à démontrer qu’Athènes, en possession des moyens de vaincre aisément, fut peu à peu entraînée par la démesure des dirigeants qui succédèrent à Périclès. Thucydide ne put achever son travail. Il s’arrêta avec la fin de la première révolution oligarchique. C’est à Xénophon que nous devons le récit des dernières années de la guerre.
C'est l'historien athénien à qui nous devons le récit des dernières années de « la guerre du Péloponnèse» (« Les Helléniques »). Mais ce n'est pas seulement un historien, et son oeuvre est certainement une des sources les plus riches pour la connaissance du monde grec dans la première moitié du 4e siècle. Il naquit vers 428.Il était plus doué pour l'action que pour la réflexion. Issu d'une riche famille athénienne, il fut l'élève de Socrate et comme beaucoup des élèves du philosophe, il appartient à la jeunesse dorée d'Athènes dont les sympathies vont volontiers à Sparte et à l'oligarchie plutôt qu'à la démocratie athénienne. De son éducation, de son goût pour la philosophie politique et de son expérience personnelle d'aristocrate et d'homme d'action, Xénophon tire les sujets des nombreuses oeuvres qu'il nous a laissées. Les « Mémorables » sont le plus connu des ouvrages consacres par Xénophon à la mort de son maître. Ce sont des dialogues socratiques. Mélange entre le traité philosophique et un livre de souvenirs. Socrate considéré comme un des pères pour la philosophie occidentale et l'un des inventeurs de la philosophie morale, a exercé une grande influence sur l'esprit de Xénophon qui passa plusieurs années à le suivre et à l'écouter s'entretenir avec toutes sortes de personnes sur toutes sortes de sujets. Ce sont ces entretiens qu'il a recueillis dans les « Mémorables ». Xénophon aurait commencé à écrire cette oeuvre vers la fin de sa vie à partir de 370. Ces années furent marquées pour lui par des voyages et des guerres avec des péripéties de toute sorte. En 404, après la capitulation d'Athènes, le régime oligarchique des Trentes s'établit dans cette cite. Xénophon, lui, après avoir servi l'armée, se fait enrôlé comme cavalier sous les Trentes. Xénophon entre 401 et 391 participe à des expéditions militaires même contre Athènes pendant qu'il s'est exilé quand la démocratie était restaurée. Il passa la plus grande partie de sa vie sur le domaine que les Spartiates lui avait offert. Il mourut vers 354.