Source: Hervé Vieillard-Baron,Les Banlieues, des singularités françaises aux réalités mondiales, Paris, Hachette Supérieur, 2001
Faubourg = XIIe s, « fors-borc » = bourg situé en dehors de l’enceinte. Faubourgs ne sont pas banlieue, accueillent activités nuisibles. Et non soumis à l’octroi (droits de douane perçus à l’entrée des villes). Ex : Faubourg à Limoges dès XIIIe s sur la rive gauche de la Vienne entre ponts St Etienne et St Martial, sur le chemin des pèlerins de St Jacques, pour qu’ils n’aient pas à payer l’octroi. Dans les années 1970 à cet endroit, construction de la cité HLM des « Portes Ferrées », évoquant les anciennes portes de la ville. Ex Paris : faubourgs au delà des murs d’enceinte et donnant réputation de gde ville ind. Mais ségrégation rapide : dès XVIIIe s, faubourgs artisanaux E et N / W + riche et « nobiliaire » (faubourg St Germain, faubourg St Honoré). Au XIXe s, rentiers et nvx proprios ont maison de campagne à Belleville, puis arrivée des ateliers, aristos recherchent rive gauche et futurs Champs Elysées. Réorganisation de Paris sous Haussmann : intégration des derniers faubourgs. Territoire compris entre l’enceinte des fermiers généraux et les fortifications de Thiers achevées en 1845, « petite banlieue », effectivement rattaché en 1860, conserve un parcellaire rural. (voir les vignes de Montmartre !)
Faubourgs lieux d’accueil de la marginalité : activités polluantes, hôpitx. ex faubourgs St Sever à Rouen, Moustier à Montauban, St Marcel à Paris. Marginalité sociale et éco : cf constitution banlieue ds dynamique de débordement, en symbiose avec le centre. Banlieues rouges après 1920 autour de la classe ouvrière. Faubourg abrite classe dangereuses. Cf V. Hugo, Les Misérables. Méfiance des édiles, dès le XVIe s interdictions de construction pour éviter révoltes. Enceinte repoussée en périphérie pour annexer faubourgs importants ex : Lyon, Bordeaux, Bourges, Paris (1860, par ex. Grenelle et Vaugirard).
Paris : mur des Fermiers généraux (1784-9) mur d’octroi et non enceinte, division révol de Paris en sections puis arrondissements. HBM installés ds ces nvx arrondissements en brique rouge ou blanche, aménagement de terrains de sport et cité U internationale ds années 1930, cstruct° BP (périph) fin années 1960. Pb politique de l’annexion : ex : Vileurbanne a refusé annexion avec Lyon en 1874 et 1903. « socialisme municipal ». Importance de l’identité du faubourg : ex Faubourg St Antoine à Paris pr industrie du meuble : petits ateliers et culture locale du compagnonnage contre l’exploitation patronale. Ex écrivain Jacques Valdour, spécialiste q° relig et ouvrière, le décrit précisément dans Le Faubourg (Spes, 1925) : société organique solidaire, contre individualisme et libéralisme. Auj, faubourg St Antoine complètt intégré, proche de Bastille : quartier « branché ».
Faubourgs = paysages de transition entre ville/ campagne : habitations souvent basses, en ordre lâche, jardinets ouvriers. Permet apprentissage de la ville tout en gardant qq aspects de culture paysanne, parfois même cultures de plein champ. Trame des parcelles rurales encore visibles. (Montreuil). Fin années 1950, ZUP s’y installent. Au-delà, zones pavillonnaires en zone périurbaine : ex Chevry II (+ de 2 000 pavillons ds commune de Gif sur Yvette). Parcelles + petites (Languedoc, Alsace) : petites maisons isolées. Avec croissance démogr, arrivée usines : faubourgs soit intégrés ds ville, soit se transforment en banlieue. Nouvelles gares facteurs d’attraction pr usines en banlieue ds années 1850 (ex St Pierre des Corps près de Tours, Les Aubrais à Orléans). Essor banlieue grâce aux transports, ms chemin de fer aussi facteur frontière, d’enclavement.
Industrie et transp en commun : dvpt banlieue parisienne dès début XIXe , avant la grande industrialisation. Industrialisation 1845-1869 : ch de fer, industrialisation, accentue distinction zones usines/ habitat.
Exemple de St Denis, elle passe de ville indépendante prestigieuse (basilique, foire) à banlieue industrielle dépdte de Paris au XIX e s. 1860 : annexion faubourgs Paris pousse les industries vers l’extérieur, ds plaine St Denis puis le vieux bourg. Chgt : augmentation très rapide des banlieues proches à la place de la croissante lente des faubourgs. Origines géo de la pop° se diversifie. St Denis accueille Bretons, Alsaciens et Lorrains. Lien croissance pop° urb/ croissance banlieues. 1850 : 25% d’urbains, 2% du territoire est urbanisé. (auj : 75% d’urbains/ 15% territoire urbanisé). Urbanisation inorganisée, logiques foncières/ ind. La Seine fin XIX e : eaux noirâtres, égouts à ciel ouvert et fumées rouges, cf enquêtes sur insalubrité. Taudis et logements surpeuplés à Levallois, St Denis.
Haussmann préfet de la Seine 1853-1870, ne s’occupe pas de la périphérie. Désordre. IIIe Rép : garder habts popu à Paris pr raisons électorales, privilégie trsports internes. Ex métro. Haussmannisation à Lille, Lyon, Bdx, Toulouse. A Paris et Lyon, banlieue devient + peuplée que la ville, menace pr bourgeoisie urb dominante.
Paris en 1911 : 2 850 000 habitants intra fortif° ; 1939 : agglomération de 6 M habts, équilibre ville/ banlieue. Immigration d’Europe centrale et orientale dès 1920.
Diversité du bâti : cités ouvr par patrons sociaux, petits immeubles locatifs, pavillons bon marché près gares, lotissements modestes ds secteurs + lointains. Stés foncières. Dès fin XVIIIe s, résidences somptueuses en banlieue pr éviter nuisances ville. Etude de P. Merlin. Notion d’équipt public tardive. Premiers lotissts pr catégories bourg, vente de terrains par aristos ruinés. Ex : Maisons Laffite, St Maur, Bondy. Le Vésinet construit près de la gare du Pecq à p de 1858, commune en 1878.
Lotissts moins favorisés : ex : ancien marchand de vin Nicolas Levallois achète en 1845 aux descendants Bonaparte une partie de la ferme de Courcelles pr loger des catégories modestes. Etablit plans avec géomètre, lots, rues, places publiques, église et futur mairie. Obtient en 1846 du conseil municipal de Clichy le nom de « village Levallois ». Fin 2nd Empire, absorbe le « Champ Perret » et prend le nom de Levallois-Perret. Fabrication de cycles et auto. Concurrence avec Emile Pereire, ex banquier, directeur de la Compagnie des chemins de fer, qui achète à Clichy et Asnières.
Nvx lotissts ds proche couronne avec loi de 1882 sur l’élargissement des prérogatives communales. « nvx villages » comme Malakoff en 1883. Stés immobilières d’épargne achètent terrains et tracent lots ms pas travx infrastructure. Jean Bastié : étude pr années 20 : vague des lotissts aussi ds villes de province ms de moindre ampleur. (Lyon, Bdx, Lille, Le Havre).E. Bruley sur la Seine et Oise. De 1920 à 40, tendance à l’isolement, absence de mitoyenneté, éloignement / à la rue, + gd jardin. (ms pavillon : 1/3 cstr° indiv en France). Le + svt maisons groupées ou maisons en bande avec façade en continu (corons du N). Désordre car absence de réglementation d’urbanisme, pb raccordements aux différents réseaux. Création de comités de défense liés au PC. Critique de Le Corbusier du rêve du « chez moi » individuel avec jardin : « Si les hommes se dispersent, comme c’est le cas aujourd’hui dans les lotissements, c’est que la ville est malade, hostile et qu’elle ne remplit plus ses devoirs ». (1963).
Rêve de pavillon, longtemps bafoué. Et polit sociale pdt 1ère GM : blocage loyers et moratoires. Crise immobilière début années 1930 parallèlement à crise éco et ralentisst croissance démogr. Coup d’arrêt de la production de lotissements. Autoconstruction dès 1900, succès ds années 20 en banlieue. Lotissements proches des gares, le long des lignes. Ex Clamart, Meudon, Le Raincy. Augmentation des prix fonciers avec liaisons ferroviaires. Ms bcp de quartiers mal desservis, pression des mal-lotis.
14 mars 1919 et 19 juillet 1924 : 2 lois pr réglementer l’établisst des lotissements pr aménagement et raccordements aux réseaux de voirie, celle de 1924 impose des sanctions.
Loi Sarraut 15 mars 1928 : impose le réaménagement des lotissements défectueux. Aide Etat pr 200 000 logemnts de 1928 à 33. Pb crise. Réalisation gds équipements achevée que ds les années 1960. eau courante pr 74% des habitants, 85% pr électricité, 58% gaz et 25% tout à l’égout en 1938.
Loi Loucheur 13 juillet 1928 pr cstr° HBM (20 000 prévus entre 1928 et 33). Ex : immeubles HBM sur bvds des maréchaux à Paris et cités-jardins de banlieue. « le logis défectueux est un fourrier du communisme » in L’Animateur des temps nouveaux. « banlieue-paillasson » : Céline, Voyage au bout de la nuit. Naissance de la banlieue comme entité globalisante, pol et socialt, qui efface la diversité de la banlieue vécue. Ces anciens logts : initiatives originales et diverses d’autoconstruction.
Concept de cité jardin vient d’Angleterre, dvpé par Ebenezer Howard fin XIXe s ds le prolongement des utopies sociales et des organisations communautaires. (Owen, Fourier). En Fce, cité jardin est un type d’habitat censé répdre à des objectifs de dvpt social . Contexte rationalité éco et hygiène. Ex : Raoul Dautry ingénieur ferroviaire, intègre ds années 20 les cités jardins ds la reconstruction des chemins de fer du N, séparant habitat des cheminots de celui de la pop° civile. + visée pédago, éduquer la classe ouvrière à la vie communautaire ds cadre paisible. Cités jardins : maisons indiv + petits immeubles collectifs. Au total 20 000 logements dt les 2/3 en collectif. Priorité à l’environnement puis influence de Le Corbusier, barres et lignes rectilignes.
Office public d’HBM de la Seine créé en 1912 : 1ers logts socx sur modèle de la cité-jardin pr employés et fctionnaires pvt jardiner. 1921 à 1939 : 15 cités jardins crées par Henri Sellier, hygiéniste. Ex : à Suresnes : construite sur terrain de 42 ha dominant la Seine, comporte 2 500 logts dt 2 327 collectifs et 173 pavillons individuels au S du terrain. Nbreux équipts collectifs : crèches, groupes scolaires, garages, terrains de jeux, commerces, centre de santé, centre d’hygiène infantile, église. Détournement des théories initiales à Drancy, cité de La Muette : barres verticales et tours. Référence à la cité jardin uniqt ds la présence de nbreux équipts. Standardisation et industrialisation croissante. Pb de construction, vacance de logements, devient lieu pr gardes mobiles de Paris. Au lieu du fleuron de cité-jardin prévu, elle est devenue le premier grand ensemble de la région parisienne puis camp de concentration pdt 2e GM.
Ex de Villeurbanne, « socialisme municipal ». maire SFIO Lazare Goujon veut « changer la ville pour changer la vie », crée une société d’éco mixte, la SVU. Construction des « Gratte-ciel ». Exigences de logts, volonté pol de planification : 2e (1954-7) et 3e (1958-61) plans : logement et équipts socio-éducatifs sont « une tâche impérative ».
Terme de « gd ensemble » pour la première fois en 1935 par Maurice Rotival ds un article de la revue Architecture aujourd’hui, mais sans définition. On préfère la notion de « gratte-ciel de banlieue » à l’époque (infl US). Le gd ensble n’a pas de définition juridique, désigne un paysage caractérisé par un regroupt de tours et barres sur un espace limité.
Définition pratique de Ph. Pinchemel (Logement, X 1959) : « réalisations de gde envergure comportant plusieurs milliers de logements et qui se veulent des unités résidentielles équilibrées et complètes ». Svt confusion entre gds ensembles énormes (ex Sarcelles-Lochères avec 40 000 habitants) et « villes nouvelles » (avant le schéma directeur de 1965). Seuil de 500 (mini pr ZUP dep 1958) à 1 000 logements adopté. Principe de l’autonomie territoriale. « quartiers d’habitat collectif ». coordination avec création des ZUP en 1958 et ZAC en 1967. idéologie de la modernité : abolir les distinctions de classe, unifier les modes de vie. Fonctions résidentielles. Pb malfaçons et moindre coût : auj, rassemblent des personnes hétéroclites sf pr faiblesse du revenu.
Logement social : « logement qui a bénéficié pr sa réalisation du concours législatif et financier de l’Etat et qui es destiné à recevoir ds des conditions normales les couches les moins favorisées de la population ». (JP Flamand, 1989). Contrôler classe ouvrière et redistribution richesses par Etat. Attention, HLM différent du gd ensble (qui peut comprendre des copropriétés de ht standing, ex Sarcelles /Argenteuil). Procédures variées pr création gds ensbles, selon principes de rationnement et de contingentement et non selon règles du marché. 3 types principaux d’organismes HLM dep. 1950 :
Attention au contexte : en 1949, nécessité construire rapidement : sur 17 villes de + de 50 000 habts en 1945, 15 touchées gravement par bombardements. Quantitativt le parc immobilier aurait suffi mais gde proportion de logements de loyer élevé, dc inadaptation. Appel abbé Pierre en 1954, cités d’urgence construites ms nbreuses malfaçons, qui discréditent l’habitat social de plain pied en maisonnette accolée. « mvt des castors » = autoconstruction de logts, notamment ds W France.
1958 : rapport Denvers pr construction : « industrialisation, typification, répétitivité », soutenu par gdes entreprises de BTP. Economies d’échelle, main d’O port et algérienne grâce à immigration. Nbreux gds architectes ont participé à la conception de gds ensembles. Peu d’investissement des communes ds ces projets, surtout du fait de l’Etat.
Loi Laval de 1943 : Etat responsable de la délivrance des permis de construire.
Loi de 1953 permet expropriation des proprios de terrains nécessaires à la réalisation de zones d’habitat. + loi de 1953 sur le « 1% » patronal = obligation pr employeurs d’apporter une aide au financement du logement social par le biais des Comités interprofessionnels du logement (CIL). Etat pilote les investissements urbains via subventions/ prêts de la Caisse des dépôts.
1965 : fusion ministères de la Construction et des Transports, formation du gd ministère de l’Equipement (Edgar Pisani, I 1966). Gds ensembles à cause urgence et volontarisme étatique et technocrates pro Mouvement moderne.
Théories architecturales et urbanistiques en vogue ds années 1920-30, « Mouvement moderne » annoncent les gds ensembles. Cf avt, intérêt All, GB, Sue et URSS pr logt ouvrier. Inadaptation des villes classiques à l’ère de l’industrialisation et de l’urbanisation généralisée. Gropius et le Bauhaus jouent rôle primordial. Congrès internationaux d’architecture moderne (CIAM) ds années 1928-29 : créer une ville aérée et spacieuse séparant les fonctions nécessaires à la vie des hommes (résidence, travail, administration et loisirs): fonctionnalisme. Le Corbusier (1887-1965) vise à la rationalisation, nv vision de l’espace. « La nature a été reprise en considération. La ville, au lieu de devenir un pierrier impitoyable, est un grand parc. L’agglomération urbaine est traitée en ville verte. Soleil, espace, verdure. Les immeubles sont posés dans la ville derrière la dentelle d’arbres. Le pacte est signé avec la nature. » (Vers une architecture, 1925).
Plan Voisin 1925, ville réduite au binôme « immeubles-tours » et « autoroutes urbaines ». relations espace construit/ espace de circulation, distingue circulation piétons/auto, cf ds urbanisme de dalle. ( ds années 60, Val d’Argent Nord à Argenteuil, Pyramides à Evry…). Unité d’habitation comme vie sociale par regroupement de services communs.
1934 : IVe CIAM consacré à la ville fonctionnelle, 1ère mouture de la Charte d’Athènes. Fonctions de la ville sont classées : « habiter, travailler, se recréer, circuler ». rédaction définitive de la Charte en 1941-2, texte publié en 1943 avec préface de Giraudoux. Fonctionnalisme= adaptation de la forme aux besoins humains, réservé jusque là aux aisés. Zonage. Peu de commandes à Le Corbusier jusqu’en 1950.
Ex : Marseille, la « cité radieuse » construite de 1947 à 51 pr fonctionnaires de l’Etat. Ossature en béton armé à large tranche, pilotis en RDC permettant circulation sous l’immeuble et fonctions spécifiques sur le toit-terrasse : crèche, aire de détente. Cellules de logement sur double niveau, desservies par 6 rues intérieures, dt l’une d’elle est une galerie des boutiques. Inclut poste, livraison pduits alim etc. 337 logts de 23 types différents, pr 1 600 personnes. Immeuble de 165m de lg, 24 de large et 56 de haut, « paquebot urbain ancré dans un parc » (VB). Insonorisation prise en compte. Polémiques sur l’immeuble, auj pop° aisées. Autres « cités radieuses » : Berlin, Rezé (Nantes), Briey-en-Forêt (Lorraine), Firminy (St Etienne). Auj succès. Théorie de l’espace fonctionnel svt dévoyée, peut servir à faire des logts « éco » de tte petite taille.
3 gdes phases de construction des gds ensbles :
Réalisations de gds ensbles ont du succès ds les mairies coco de proche banlieue, car couches + populaires et besoin. Courses pr équipts collectifs. Ex : Nanterre dès 1953. 1959 : office municipal a 3 000 logts. Polit de résorption des bidonvilles à p de 1965 impose mesures d’urgence (mi années 1960, concerne 14 000 personnes à Nanterre). Ex : Argenteuil, 1000e locataire du Val d’Argent fêté en 1968 avec ts les honneurs. Stratégies polit pr électoralisme, ms à p années 1980 vote coco incertain. Malfaçons, affaiblissement partis polit et désaffection des anciennes structures d’encadrement de la jeunesse. Ds années 80-90, peur des « îlots sensibles » a conduit à dérives extrémistes. (parallèlement avec 2nde GM : Doriot, maire de St Denis et nombreux ouvriers de la ville extr dr). Pb de sélection des territoires pr accueil étrangers, illusions perdues d’ascension sociale, sentiment injustice, complexité règles admin°.
Critique des gds ensembles : Réserves précoces, dès les années 50. La circulaire du 15 12 1971 relative à l’Action sociale et culturelle des ensbles d’habitation évoque déjà la délinquance des jeunes. En mars 1973, circulaire 73-73 du min de l’Equipt Olivier Guichard relative aux « formes d’urbanisation dites gds ensbles » et à la « lutte contre la ségrégation sociale par l’habitat » donne un coup d’arrêt à la construction des gds ensbles publics de + de 1 000 logements et composés exclusivement d’HLM : « Ils rompent l’harmonie du paysage urbain ; ils s’intègrent mal ou ne s’intègrent pas à la vie de la ville ; ils donnent à leurs habitants l’impression à la fois de l’isolement et de l’entassement dans un monde complètement artificiel ; ils entraînent une dépossession de la commune au profit de l’organisme constructeur (…) ; ils favorisent la ségrégation sociale lorsque l’organisme responsable est très souvent ‘à vocation sociale’ ; ils tendent, ds de très nbreux quartiers, à transformer le citoyen en simple résident ». parallèlement : ZAC privées sans HLM sont bloquées, %ages de HLM obligatoires. 1976 rapport sur la sécurité, 21 06 1980 loi « Sécurité et liberté » après contexte d’insécurité (plusieurs meurtres de jeunes de banlieue en 1977). On retraduit les pbs socx en termes d’insécurité, et criminalise la misère ds les quartiers avec forte concentration d’étrangers.
Circulaire de R Barre en 77 : « la transformation anarchique de l’espace fait peser sur notre sté la menace d’une très dangereuse ségrégation sociale ».pr réhabilitation de ces quartiers, amélioration envirt, services collectifs, espaces verts, avec adhésion pop°. Pb anonymat des individus.
Manque de suivi : ex : zonage, constr° de zones résidentielles pr éviter nuisances des usines, ms absence de moyens de transp collectifs condamne à l’isolement les + modestes. Absence de capacité d’évolution des gds ensbles, manque de stabilité ds recrutement des habitants (dépd des organismes), vieillisst du béton armé et malfaçons, même si mesures pr aider à la réhabilitation. (1972 aide aux prêts). Chômage, enfants livrés à eux-mêmes, regroupt familial dep arrêt immigration en 1974. Processus de recomposition sociale, chgt origine des immigrés, polit de remplissage à tout prix des logts sans tenir compte d’un certain équilibre selon revenus, origine… Spirale des logiques ségrégatives : dégradation, sentiment d’abandon… indicateur révélateur : fuite scolaire ds autre quartier ou ds le privé. Place du vocabulaire ds disqualification des gds ensbles.
Gds ensbles modifient profondément le paysage urbain et modifient le rapport de l’homme à l’espace, donc discours des géographes. Cf Max Sorre soulignant 2 tdces : « maison ouvrière simple ou double avec jardin »/ « caserne aux logements multiples ms avec des services dvpés ». Auj géographes associés aux recherches sur la ville. Cf revue Annales de la recherche urbaine dépdt du ministère de l’Equipt. - Pierre George, en URSS en 1936, pro habitat collectif de masse, pr mobilité du travailleur. Louange du gd ensble de Bondy « parmi les derniers rayons de la ruche », vie organisée comme celle des abeilles… - Henri Elhai (Etudes sur la banlieue de Paris, 1950), description des HBM Porte d’Aubervilliers. Traumatisme du bruit et de la promiscuité, « mentalité de village » « mesquine ». autosurveillance… sentiment de vivre ds un quartier à part. - Philippe Pinchemel : distinction du gd ensble théorique et du gd ensble réel, capable du meilleur comme du pire. Remarque que les Britanniques st + prudents : jamais + de 5 000 nvx habitants par an pr éviter trop gds déséquilibres. (1959) - Yves Lacoste : souligne impce de la planification et de l’industrialisation du bâtiment.
Définition du gd ensemble par P. George en 1963 : « Le gd ensble est un groupe résidentiel sans marché local de l’emploi » (exception de Mourenx près de Lacq). Impce du débat ds années 60. Prog de réhabilitation et dvpt social à p de 1981, où s’investissent les géographes, début du renv du pavillon. Pb des gds ensbles dortoirs pr la commune qui les accueille : elle doit construire équipts collectifs (écoles, égoûts, assurer la sécurité) sans en recueillir les fruits. (consommation chez les habitants de la commune ou implantation de nv entreprises).
Cause : Attrait pr la région paris continue et échec des gds ensembles. Etat décide création villes à part entière atteignant au moins 250 000 habitants et non de simples zones.
Création : Directive de Pompidou en avril 1966 pr création des villes nouvelles, entériné par le CIAT (comité interministériel d’AdT) le 26 mai 1970. maîtrise foncière grâce à droit de préemption des collectivités publiques et expropriation après déclaration d’utilité publique. Loi du 13 07 1983 relative au réaménagement des villes nouvelles : « leur objectif est d’assurer un meilleur équilibre social, éco et humain ds des rég° à forte concentration de pop°, en offrant des possibilités d’emploi et de logement ainsi que de équipements publics et privés. » = rompre avec le monofonctionnalisme, conjurer l’échec relatif des ZUP et éviter les banlieues dortoirs. Pb : risque d’augmenter la marginalisation des ZUP existantes. Exp étrangères : new towns brit, Sue, PB… 1965: publication du schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la région de Paris (SDAURP) de Paul Delouvrier : réorganiser l’urbanisation le lg de 2 axes NW/SE encadrant Paris. 8 villes nv prévues, réduites à 5 après 1975 : Cergy-Pontoise, St Quentin en Yvelins, Marne la Vallée, Melun-Sénart, Evry. Dvpt réseaux de transport, prolongation des autoroutes et création du RER.
But : créer schéma suffisamment directif ms permettant souplesses. Permettre différents types de logt et d’emplois, pluralité de lieux achat/loisir. + restructuration de pôles de proche banlieue : Nanterre-la-Défense, Créteil, Roissy, St Denis… schéma directeur bien accepté localt, ms inquiétudes en province, dc création de 4 villes nv en province, ms qui ne st pas en continuité avec la banlieue, même si elles redistribuent la croissance urbaine des agglomérations : L’Isle d’Abeau (entre Lyon et Grenoble), Lille-Est (auj Villeneuve d’Ascq), le Vaudreuil (Rouen), « Rives de l’Etang de Berre » (près de Fos). Amélioration des transports. Mixité urbaine, créer un centre urbain actif, liaison emploi local et habitants.
Méca admin : Auj établissement public d’aménagement (EPA), dt directeur est un ht fonctionnaire nommé par gvt, pdt est un élu local. La ville nv n’a pas de maire élu au SU direct, ms formule du syndicat communautaire d’aménagement (SCA) pr donner assise politique. (sf à Lille-Est, intégrée ds la communauté urbaine de Lille et Vaudreuil où refus intervention des communes). SCA devenus syndicats d’agglomération nouvelle (SAN) par la loi du 13 07 1983, rendant aux communes leurs attributions ordinaires. Ms pbs financiers, dvpt éco et commercial privilégié au détriment de l’urbanisme et cstr° de logts sociaux. Etat a refusé financement global des villes nv. Villes nv creuset d’innovations et labo de création ds le domaine des méthodes et des formes archi, diverses. Nbreuses discussions, aspect pionnier.
Résultats : 2 VN (villes nouvelles) revenues ds droit commun : Lille-Est en 1983, considérant objectifs atteints ; Le Vaudreuil en 1987, constat d’échec.(ville collective sur dalle, inadaptée avec la demande d’habitat indiv). Succès de St Quentin : 7 communes, 150 000 habitants, baisse du tx de chômage, ms doit intégrer quartiers sensibles (anciens gds ensbles). Cergy : 190 000 habitants, perspectives de dvpt encore imptes. Marne la Vallée sur 28 km, 203 000 habitants en 98, VN la + peuplée ms manque d’unité. Potentiel (cf cours Heurley) Pb Etang de Berre : crise sidérurgie, trop gde extension, fractionnement en unités urb distinctes. Avenir ds diversification tertiaire. Quantitativt, pas d’atteinte des objectifs démogr. 1998 : rassemblent 1 M habitants et 400 000 emplois. Ds années 80, VN parisiennes ont accueilli un nvel habitant et un nvel emploi sur 2. Dvpt mobilités, navettes : on y travaille/ y va travailler/ part travailler à Paris. Equilibre emplois/habitants ms pb habitat collectif impt. Ex : à Evry image du groupe HLM Parc aux Lièvres et des Pyramides (pourtant avec archit novatrice). En 1997 16 quartiers de VN classés en zones urbaines sensibles (ZUS). Pb dispersion de l’offre de logts, délinquance attirée par la fonction de centralité secondaire de ces VN, bonne accessibilité avec la gare. Ex : Pyramides à Evry. Superposition d’ « un espace de fragmentation socio-éco lié à la fonction résidentielle de la VN ds la métropole et un espace d’incivilité lié à la centralité dans l’agglomération ». (Behar, Epstein, 1998). Pbs d’entretien, mosaïque sociale : populations regroupées par hasard des organismes sociaux et non par aspiration. Formes d’enclavement inédites : ex du centre de Cergy, trop replié sur lui-même. Pb coordination des partenaires. Pbs d’identification à la ville nv (sf Cergy, Evry et St Quentin). Et auj, compétitivité des territoires à échelle europ, les VN ne st plus une priorité. Sortir du droit exceptionnel par intercommunalité constructive ?
Mvt de périurbanisation ne fléchit pas. Entre 1982 et 90, le « rural périurbain » a gagné autant de pop° que les banlieues (1 M habts) pour une pop° 2 fois moins impte en 1982. Entre 1982 et 90, tx de croissance espaces périurbains : + 11%, banlieues : +7%, villes centres : + 0,5%. Modification lente des paysages périphériques à tonalité rurale. Contrairement à la banlieue tradi où il y a continuité du bâti avec la ville-centre, l’urbanisation s’effectue maintenant en tâches disjointes, par nvx villages ou mitage de maisons indiv, ou réaménagt d’anciennes demeures. Néologisme de rurbanisation : cf USA, processus de déconcentration de la pop° vers les communes rurales proches des gdes villes. En Fr, utilisé pr l’urbanisation des campagnes proches. Avt, se distinguait de la périurbanisation car rurbanisation concernait uniqt le logt, alors que la périurbanisation, presque continue à la marge des agglomérations, implique habitat et activités. Auj les 2 mots se confondent = urbanisation périphérique récente de l’espace rural, se traduisant par croissance démogr rapide et modifications spatiales imptes par lotissts ou constr° indiv dispersées.
Périurbanisation caractérisée par faible densité et forte consommation d’espace rural. Pb de la spéculation, vente de terrains par les agriculteurs pr s’enrichir. (pb paysages, érosion…) Raisons de la périurbanisation : autre cadre de vie, + d’espace, incitations polit du logt et moindre coût des terrains, se démarquer des gds ensbles. Voiture indiv nécess. (pb trafic !)Encouragt public dès 1967 de l’habitat individuel : loi d’orientation foncière instaurant les POS (plan d’occupation des sols) et les ZAC, syst souple permettant promotion privée en banlieue lointaine. Construction de « nvx villages », où gens s’investissent car choix, et moyen de stabiliser les ménages polit. (éviter le communisme…) Echec des tentatives de « chalandonnettes » (min de l’Equipt Chalandon de 68 à 72), constructions en série à bas prix de pavillons, avec malfaçons, étroitesse terrains, insolvabilité de certains accédants.
Loi du 3 01 1977 dvpe aide à la personne et non l’aide à la pierre (cf avt pr gds ensbles) : création de l’APL (aide personnalisée au logt) pr proprios et locataires, + des PAP (prêts aidés d’accession à la propriété), gd succès (40% de la demande de cstr° début années 80). Et PLA (prêts locatifs aidés) pr les constructions locatives sociales. Dep 1995, prêts à taux 0. Dep 20 ans, modification de la relation des actifs peu qualifiés à leur lieu d’emploi : de + en + allongement des migrations pendulaires.
Définition par certains auteurs d’une troisième couronne de banlieue (Jean Steinberg, 1991) : peu dense, sans continuité obligatoire avec le centre, marquée seult par une polarisation exercée par le centre, notamment migrations pendulaires.
Selon recenst de 99, « rural sous faible influence urbaine » (déf° INSEE) = 15 M habitants = ¼ pop° fr. Pb pr parler de cet espace comme d’une « banlieue » : la banlieue fr a une hist, construite en continuité urbaine avec la ville centrale. Diffère dc de ces nvx espaces, pris en compte par INSEE ds le zonage en aires urbaines (ZAU). Les gdes périphériques ont des contraintes et des solidarités spécifiques. Chgt majeur avec cette sté des franges urbaines. Martine Berger, 1998 : « Avec la montée en puissance de la fonction résidentielle des campagnes, la généralisation et l’allongement des navettes entre domicile et lieu de travail, il semble plus pertinent désormais de parler d’association plutôt que d’opposition entre le rural et l’urbain en termes d’habitat et d’emploi. »
1999 : IdF a gagné 265 000 habts dep 1990, ½ de cette croissance à l’ext des limites de l’agglomération parisienne. Baisse de la pop° parisienne relativt. Accroissement des mobilités : en F, effectif global des actifs travaillant ds leur commune de résidence a baissé de 25% entre 1975 et 1990. allongement de distances moyennes entre domicile et lieu de travail. + 2km en Idf (7,4km en 75 à 9,4km en 90).Accroissement de la vitesse (RER etc) permet de rattraper en tps la distance, ms dvpt internet ne change pas gd chose. Télétravail rare. Accroissement de la périurb° par mitage, pb coût foncier, ménages modestes repoussés de + en + loin. Classement des accédants selon type de constructions. Evolution rapide.
Difficulté pr qualifier socialement les espaces, persistance de 2 modèles ds imaginaire fr (M. Berger, pas le chanteur): latin avec éloge de la centralité, urbain et polit / anglo-saxon avec valorisation de la nature ds cadre suburbain peu dense. Ex : Ouest parisien plutôt aisé contient des poches de misère. Desserrement de l’habitat, complexification. La croissance de la périurbanisation change la vision tradi de l’agglomération. Ségrégations persistent ds ces nvx espaces, ms concernent classes moy et sup. Inversion des extrêmes : les + pauvres ds banlieue (périph proche) ou ds poches les + éloignées et mal reliées du périurbain. Les + riches soit ds centre-villes (gentryfication) ou tt à fait à l’ext ds cadre champêtre. Banlieue en étau, assimilée aux gds ensbles, discrédit. Cristallisation autour du mot. Pb des centres ds contexte européen, politique de la « ville compacte » : friches ind (Glasgow, Stockholm), docks abdonnés (Londres, Rotterdam) réaménagés. Ms en F et It, centres moins désaffectés. Demande pr le centre-ville progresse, et qd la banlieue proche est bien reliée au centre, elle n’est plus regardée/pensée comme banlieue ms participe de la centralité. Ex ZUP du Mirail, SW de Toulouse, 1964-5 : architecte Georges Candilis, pr cadre favorisant les échanges en construisant de immeubles collectifs en tripodes et dalles piétonnières, pb : auj « introversion ».