Qu'est-ce qu'un citoyen athénien?

Les citoyens

Ils représentent seulement une partie de la population d’Athènes

Combien sont-ils ? Estimations de l'évolution du nombre de citoyens

500 30000 à 35000

431 40000 à 45000

400 20000 à 25000

350 25000 à 30000

Lévy estime à 130 000 personnes la communauté citoyenne en comprenant les femmes et les enfants.

1.Comment devient-on citoyen ?

L’acquisition de la citoyenneté est liée à une filiation = un droit du sang, si l’on est fils d’un athénien, initialement possibilité d’avoir une mère étrangère comme de nombreux hommes politiques tels Thémistocle (Thémistocle, 525-460, chef du parti démocratique, un des premiers à vouloir développer la puissance navale d’Athènes initiateur des fortifications du Pirée, de la construction de 200 trières, un des principaux protagonistes de la victoire de Salamine (480).

Au fur et à mesure que l’on approfondissait la démocratie, le groupe de citoyens s’est fermé, notamment par la réforme de Périclès, 451-450, qui redéfinit la citoyenneté : le père et la mère doivent être athéniens pour devenir citoyen.

Un droit de citoyenneté qui peut être alors accordé de façon tout à fait exceptionnel à des étrangers.

2.Les prérogatives du citoyens

a)Politiques :

- droit de participer à la gestions des affaires publiques - siège à l’assemblée du peuple, Ecclésia - peut accéder au Conseil, la Boulè - peut exercer différentes charges ou magistratures - peut rendre la justice dans le cadre de l’Héliée = le citoyen participe aux pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires

b)Juridiques :

- droit de posséder des terres ou droit de propriété foncière, entkesis (étroite connexion entre citoyenneté et possession du sol à Athènes) A la fin du Ve, on estime que seulement 1/5 ou 1/6 des citoyens ne sont pas propriétaires

- le citoyen est un justiciable privilégié par rapport à l’esclave ou aux métèques.

c)Religieuses :

le religieux est intimement imbriqué au politique, le citoyen participe à toutes les manifestations religieuses notamment aux sacrifices, acte religieux par excellence, moment où la cité communique avec les dieux, on brûle la graisse et les os pour eux et la viande est partagée entre la communauté des citoyens ;

Le citoyen prend part aux fêtes, inséparables des concours : l’inscription aux concours est réservée aux citoyens sauf pour les panathénées ;

De plus plus tout citoyen peut exercer un sacerdoce et devenir prêtre.

d)Sociales :

avantages sociaux des citoyens tels: - indemnités pour assister au spectacle de théâtre (théorikon) à partir du IVe - dans certaines circonstances les citoyens reçoivent du blé ou celui-ci est vendu à prix modéré (en période de disette)

- allocations monétaire en temps de guerre aux citoyens nécessiteux (à la fin de la guerre du Péloponnèse, 2 oboles).

3.Les obligations du citoyen:

a)Fiscales :

Qui concernent essentiellement les riches, la société est démocratique mais inégalitaire quant à la répartition des richesses, le consensus est rendu possible par les redistribution de richesses à la communauté que constituent :

- les liturgies = faire prendre en charge par les citoyens les plus riches un certains nombre de dépenses d’utilité publique (voir Xénophon). On trouve par exemple les chorégies, organisation de chœurs pour le théâtre,la triérarchie, armer et commander un navire de guerre

- impôt extraordinaire en cas de guerre, l’eisphora, repose sur les citoyens les plus aisés, impôt utilisé pour la première fois pendant la guerre du Péloponnèse (l'impôt mal vu d’une manière générale car associée à la tyrannie).

b)Le service militaire actif:

Les modalités d’accomplissement du service dépendent de la fortune des citoyens car l’équipement est à leur charge : hippeis, les cavaliers, doivent acheter et entretenir un cheval; les hoplites, en armure, puis infanterie légère et service dans les trières navales (les thètes)

= tous les citoyens sont astreints mais pas au même poste = la défense de la cité fait parti du métier de citoyen.

- perceptions d’une indemnité ou mysthos lors des campagnes militaires et allocation de nourriture au IVe

c)L’éphébie :

Un rôle clé, seule institution éducative véritablement publique de la cité ;

Service attesté dès les années 372, connu dès 335,

Une institution au IVe siècle ; A l’âge de 18 ans, les jeunes nés de parents athéniens, inscrits dans leurs dèmes, sont soumis à l’éphébie C'est un service militaire de deux ans qui permet d’assurer la cohésion de la communauté de citoyens, les valeurs de la cité, de connaître le territoire de la cité que l’on arpente, que l’on garde ; première année : les éphèbes tiennent garnison pour la protection du Pirée sous la responsabilité des stratèges et formation militaire puis deuxième année, patrouille au sein du territoire (chôra) et garnison dans différents fortins aux frontières = l’espace civique est un espace physique que l’on s’engage à défendre par un serment*

4.La perte de citoyenneté

C'est l’atimie = c’est une sanction qui peut être prononcée lors d’une faute grave commise à l’encontre de la communauté = littéralement c’est la perte des honneurs, des charges et des dignités, une mesure de dégradation civique ;

liste de 24 cas pour lesquels le citoyen peut être frappé d’atimie, dont : la conduite déshonorante en temps de guerre, la tentative de subversion, le vol au détriment de la communauté.

Paradoxalement, le banni, frappé d’ostracisme après le vote de la communauté civique, ne perd pas ses droits de citoyenneté, mais est écarté temporairement de la cité afin de réduire son influence.

5. Les épouses et les filles de citoyens

Elles n’entrent pas dans la catégorie juridique des citoyens mais la cité leur fait une place qui ne les exclue pas de toute participation à la communauté civique : - elles transmettent la citoyenneté ; - elles sont écartées du débat et des fonctions publiques mais certaines femmes ont pu jouer un rôle politique non négligeable par l’influence qu’elles possédaient : exemple d’Aspasie de Millet, compagne de Périclès, dont le rôle politique est illustré dans les comédies, célèbre pour sa beauté et son influence polémique. La femme, étrangère, est souvent une courtisane, jouissant de libertés plus grandes dans l’échange avec les citoyens que la femme athénienne.

- dans le domaine religieux, la femme occupe une place qui n’est pas négligeable : elle possède une citoyenneté cultuelle = elle manifeste par le religieux son appartenance à la commuanuté : présence aux sacrifices. Dans le dème d’Erchia même, un règlement prévoyait même que la viande soit répartie entre les femmes des citoyens présentes en hommage à Sénélé, mère de Dionysos.. Les jeunes filles sont associées à des fêtes religieuses en portant les paniers sacrificiels (canéphores) lors des panathénées et reçoivent une part de viande. Quelques cultes étaient organisés par des prêtresses, celui d’Athéna polias notamment. Certaines fêtes étaient uniquement réservées aux femmes : les thesmophories, fêtes en l’honneur de Déméter, déesse de la fécondité, fête qui célèbre le rôle essentiel que la Cité attribue aux femmes.

Les non-citoyens

On compte à Athènes deux catégories principales de non-citoyens: les métèques et les esclaves

1. Le métèque

a)Qui est-il, quel est son statut?

Le métèque est domicilié dans la cité pour une durée plus au moins longue ; c’est un homme libre qui n’est pas citoyen, mais la cité lui fait une place particulière en lui reconnaissant un statut par la loi ;

passé un certain temps, autour d’un mois, l’étranger est tenu de se faire inscrire en tant que métèque dans les registres d’un dème (une procédure qui s’inspire de celle de l’acquisition de la citoyenneté), accompagné d’un « patron » athénien qui se porte garant de lui.

Ce statut codifié est inséparable de « contraintes », voire de « privilèges » car se rapprochent beaucoup de ceux des citoyens:

- le métèque n’a aucun droit politique, - il est tenu à un enregistrement dans un dème, - il doit être « parrainé » par un citoyen athénien, - il est assujetti à une taxe, le metoikion, une somme peu élevée correspondant à une journée de travail, ceux qui commercent sur l’agora sont soumis à une autre taxe (artisan, commerçant, banquier), - il a accès à la justice mais ne jouit pas du même traitement qu’un citoyen athénien : sa personnalité juridique est inférieure à celle de l’Athénien, exemple, le meurtre d’un métèque est assimilé à un homicide involontaire. - mais les métèques peuvent être assujettis à l’eisphora - ils peuvent exercer des liturgies, sauf la triérarchie.

Exemples de métèques très riches, Lysias et Polémarques, qui possédaient une fabrique d’armes de 120 esclaves et s’apparentaient par leur mode de vie à des citoyens aisés.

Quant à la défense de la cité, en théorie, seuls les citoyens peuvent défendre la cité ; dans les faits, la présence de métèques est attestée dans les armées athéniennes ; ces métèques restaient dans le territoire de la cité, dans les troupes de ré&serves, à la défense des remparts ou en garnison dans les fortins. A partir de la guerre du Péloponnèse, les métèques servent aussi comme thètes dans les trières.

Les métèques participent aux panathénées, fête où la ville se célèbre elle-même.*

b) D’où vient-il ?

Origines géographiques très différentes et mêlées.

Au Ve, les métèques sont en majorité des Grecs qui viennent s’établir à Athènes de façon permanente, et qui, par leur niveau de vie élevé, se rapprochent des élites de la cité = haut niveau d’assimilation de la culture athénienne, à l’exemple du métèque Lysias cité précédemment qui est orateur judiciaire et recevait les jeunes gens riches de l’entourage de Socrate.

Au Ive, les métèques sont davantage des Barbares venus de Thrace, Lydie, Phénicie, Egypte, Carie et qui s’intègrent beaucoup moins à la commuanuté de citoyens athéniens, même lorsqu’ils s’établissent durablement à Athènes, ils gardent leurs traditions et leurs cultes.

c) Quel rôle économique ?

L'estimation de leur nombre est difficile : on estime que la commuanuté métèque est à peu près équivalente à la commuanuté des citoyens (40000 hommes, 120000 individus) ;

leur nombre varie en fonction de la prospérité économique d’Athènes qui a besoin des métèques car ils ont un rôle clé dans l’économie : la communauté athénienne a des valeurs aristocratiques par rapport au travail, au travail de la terre = la terre permet la citoyenneté, c’est le seul travail noble qui permet d’être indépendant, la communauté valorise de plus l’oisiveté qui permet de s’impliquer dans la gestion de la cité..

Les métèques, comme les esclaves, sont donc nécessaires dans l’artisanat, le commerce…et rapportent des revenus à l’état = leur présence est plus que tolérée, elle est encouragée.

Au Ve siècle, les hommes politiques les plus en vue sont issus de l'aristocratie foncière ;

Après Périclès, ce sont des hommes nouveaux qui occupent les fonctions politiques clés, ils arrivent aux affaires après que leurs pères aient fait fortune grâce à l’artisanat ou au commerce… très proches des métèques… Aristophane dans ses comédies se moque de Cléon qui « pue » le cuir car son père était propriétaire d’un atelier de tanneurs.

2. Les esclaves

Les esclaves sont des marchandises : on se les procure, on les négocie comme des biens meubles ; Les esclaves peuvent être d’origine grecque ou barbare ;

Le propriétaire peut en faire beaucoup de choses (don, location, vente) ; En théorie, un esclave n’a aucun droit ;

A Athènes cependant les esclaves bénéficiaient de quelques protections légales : ni maltraitance, ni mise à mort sous peine de poursuites judiciaires.

Les esclaves sont exclus des manifestations publiques du culte (ni offrandes, ni processions), auxquelles ils peuvent assister comme personnel de service, les seules cérémonies religieuses où l’on retrouve les esclaves ne sont pas des cultes civiques : la cérémonie du culte domestique, l’initiation aux mystères d’Eleusis.

Il n’y a pas d’activités réservées aux esclaves : ils se retrouvent dans toutes les branches des activités athéniennes, de l’exploitation agricole, à la fabrique artisanale, mais aussi dans des fonctions publiques où ils acquièrent des techniques difficiles, par exemple le service d’ordre athénien était assuré par des esclaves d’origine Scythe ;

La plus importante communauté d’esclaves se trouve dans les mines du Laurion = l’esclave est avant tout une force de travail qui joua un rôle considérable pour l’économie athénienne.

Les Athéniens justifiaient cette aliénation par : une donnée centrale de l’histoire grecque jamais remis en cause, une valeur aristocratique par la nécessité de déléguer le travail à d’autres afin de s’occuper de la cité (la liberté des uns nécessite l’esclavage des autres), c’est donc naturel de se décharger d’une partie de son travail sur des esclaves.

Au niveau philosophique, Aristote démontre le bien fondé de l’esclavage qui est une donnée de la Nature « La subordination de l’Inférieur au Supérieur est fait naturel et général », l’esclave est un « instrument animé »

Nombre : toutes les familles de citoyens et les métèques aisés possédaient au moins un esclave + esclaves publics et ceux du Laurion = estimation autour de 120 000 individus.

 
citoyens-et-non-citoyens-a-athenes-au-ve-siecle.txt · Dernière modification: 27/12/2007 23:27 (édition externe)
 
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